La Confrérie des Frères musulmans et la MAC

Voici des arguments solides pour plaider que l'Association musulmane du Canada (la MAC) relève de la Confrérie islamiste des Frères musulmans:

 

Le Journal de Montréal a révélé hier que la Ville de Montréal a subventionné le Camp de jour Sinbad.

Ce Camp relève explicitement de l'Association musulmane du Canada (la MAC).

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Or, la MAC est régulièrement associée à la secte des Frères musulmans, née en Égypte suite au démantèlement du Califat Ottoman.

Comme l'explique Lamine Foura dans l'article du Journal du Montréal:
«C’est un mouvement qui prêche l’instauration de gouvernements religieux basés sur les lois islamiques».

Or, un représentant de la MAC a nié tout lien avec la Confrérie des Frères musulmans: «La MAC nie aussi être associée aux Frères musulmans», peut-on lire dans l'article.

Qu'en est-il?

Premièrement, voici ce que l'on pouvait lire sur le site internet de la MAC:

Les racines de la MAC sont profondément ancrées dans le message du Prophète Mahomet (paix soit sur lui). Ses racines modernes remontent à la renaissance islamique du début du XXe siècle, culminant dans le mouvement de la Confrérie des Frères musulmans. Ce mouvement a influencé les activités islamiques, les tendances et les discours intellectuels à travers le monde, y compris ceux des musulmans qui sont venus au Canada en quête de liberté, d'éducation et de meilleures opportunités.
La MAC adopte et s'efforce d'implanter l'islam, tel qu'incarné dans le Coran et dans les enseignements du Prophète (paix soit sur lui) et tel que compris dans le contexte contemporain par feu l'Imam Hassan al-Banna, fondateur de la Confrérie des Frères musulmans. La MAC considère cette idéologie comme la meilleure représentation de l'islam tel que révélé par le Prophète Mahomet (paix soit sur lui).

SOURCE: http://web.archive.org/web/20040717091007/http://www.macnet.ca/national/modules/wfchannel/index.php?pagenum=7

Maintenant, certains répondent que la revendication de la MAC qu'elle «adopte et s'efforce d'implanter l'islam tel que compris dans le contexte contemporain par le fondateur de la Confrérie» n'est qu'une simple revendication intellectuelle, et non pas organisationnelle.

Certes, il est possible que les dirigeants la MAC ne répondent pas à des instructions venant des leaders de la Confrérie situés au Qatar ou ailleurs dans le monde. Et que la MAC fonctionne de manière indépendante. Mais comme l'a suggéré Lorenzo Vidino, directeur du Programme sur l'extrémisme au Centre for Cyber and Homeland Security de l’Université George Washington et auteur du livre The New Muslim Brotherhood in the West, il est probable que la MAC

«fasse tout de même partie du réseau informel qui entretient des liens étroits avec le mouvement des Frères musulmans, par l’existence de contacts personnels ou financiers mais, surtout, pour des raisons idéologiques.»

Ils «ne transportent pas de carte de membre dans leur passeport, même si certains font partie des Frères musulmans dans leur pays d’origine. Le lien est beaucoup plus informel que cela. Certaines organisations ont été créées par des particuliers qui ont des liens personnels avec différentes branches des Frères musulmans au Moyen-Orient et qui entretiennent des liens personnels, financiers, organisationnels et idéologiques avec le mouvement.»

Le professeur Vidino, qui témoignait devant le Comité du Sénat sur la sécurité nationale, poursuit:

«nous avons affaire à une trame qui est la même dans tous les pays occidentaux, à quelques petites différences près. On parle d’un tout petit nombre de personnes, mais très averties, politiquement informées et bien financées qui ont créé des organisations représentant une très faible minorité de la communauté musulmane [...] On ne compte que quelques centaines de militants de la confrérie dans chaque pays occidental, mais ils peuvent compter sur des ressources notoires. Ils exercent une influence disproportionnée sur les mosquées, sur les écoles et les nombreux espaces où se retrouvent les musulmans.»

«L’Association des musulmans du Canada [la MAC] est sans doute le premier nom qui vient à l’esprit. Les liens sont clairs dans son cas, avec des personnalités très en vue qui sont actives depuis 20 ou 30 ans au sein des divers groupes de la confrérie au Canada et aux États-Unis.»

SOURCES:

http://www.cpac.ca/en/programs/in-committee-from-the-senate-of-canada/episodes/39317260/?doing_wp_cron=1431820944.3094708919525146484375

TRANSCRIPTION:
http://www.parl.gc.ca/content/sen/committee/412/SECD/52124-f.HTM

 

Le professeur Vidino faisait référence à des personnes comme Jamal Badawi, l'un des fondateurs de la MAC et membre de plusieurs groupes aux États-Unis liés à la Confrérie. Basé au Canada, ce dernier a admis explicitement militer pour l'instauration du califat, c'est-à-dire d'un État islamique.

Le projet politique est conforme à l'idéologie des Frères musulmans, telle que décrite par Lamine Foura: «C’est un mouvement qui prêche l’instauration de gouvernements religieux basés sur les lois islamiques.»

Cette idéologie prône aussi l'obligation du hijab pour les femmes.

Nasser l'avait souligné: la première demande du leader des Frères musulmans, c'était d'imposer le port du voile islamique à toutes les femmes.

 

Au Québec, l'École le Savoir, logée dans un immeuble qui appartient à la MAC, impose le hijab aux élèves. Et un simple survol des photos postées sur les réseaux sociaux par le Camp de jour Sinbad, qui relève aussi de la MAC, fait voir l’omniprésence du hijab, y compris chez des fillettes.

Le quartier général de la MAC à Montréal est situé au Centre communautaire Laurentien (le CCL), présidé par Samer Elniz. Ce dernier apparaît sur des photos en compagnie de fillettes voilées sur le site de la mosquée du CCL.

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Djemila Benhabib avait repris certaines de ces photos sur son blog. La mère de l'un des fillettes l'avait ensuite poursuivie en justice, et M. Elniz avait témoigné au procès, que Djemila Benhabib a gagné. C'est aussi Samer Elniz qui avait dirigé une prière cet été sur le parvis de l'Église St-James, au centre-ville de Montréal.

Le CCL, présidé par M. Elniz, situé dans un immeuble appartient à la MAC, comprend la mosquée Al Rawdah. L'imam de cette mosquée, Amer Hussein, s'est affiché sous le drapeau de la Confrérie des Frères musulmans lors d'un rassemblement en Égypte.

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Tout cela fait signe vers une affiliation forte avec l'idéologie des Frères musulmans.

Mais pourquoi la MAC entretient-elle une ambiguïté sur ses rapports idéologiques, voire organisationnels, avec la Confrérie ?

Le cheikh Makhlouf Mameche, un cadre de l'UOIF -- une association basée en France réputée être liée aux Frères musulmans -- offre un élément de réponse: le projet d'un État islamique doit procéder «par étapes» et dans le plus grand secret:

«Voilà comment le Prophète a planifié, dans un secret total, son plan d'action, son projet, son programme. On doit travailler secrètement, jusqu'à ce qu'on mette en place le projet entier.»
«Quand on est en état de faiblesse, il faut attendre un peu. Il faut acquérir la force pour pouvoir réagir. En tant que communauté musulmane de France, nous devrons travailler en douceur, sans crier au loup. Nous devons multiplier nos actions sans faire trop de bruit.»

SOURCE: https://www.youtube.com/watch?v=HnZRtwGBjtU
 

Finalement, rappelons que Samah Jebbari, porte-parole du Forum musulman canadien -- dont le président, Samer Majzoub, a été porte-parole de la MAC et a fondé une École musulmane privée où le hijab est obligatoire, logée dans un immeuble appartenant à la MAC -- reconnaît que les Frères musulmans possèdent des institutions à Montréal. (SOURCE)

 

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