Jérôme Fourquet : « L’islam est désormais perçu comme une menace par une frange importante des chrétiens »

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN – Avec À la droite de Dieu, Jérôme Fourquet décrit le grand retour des catholiques à la politique. Manif Pour Tous, primaires de la droite, chrétiens d’Orient… le directeur du Département opinion et stratégies d’entreprise de l’IFOP nous plonge au cœur de la «cathosphère».

Vous estimez également qu’il y a eu un changement dans la perception qu’ont les catholiques de l’islam?

Même si on ne peut jamais dater précisément un tel changement, il semble que l’assassinat du Père Hamel dans son église de Saint-Etienne-du-Rouvray ait cristallisé cette évolution. On observait déjà un bruit de fond auparavant: les agressions sexuelles survenues à Cologne, les attentats terroristes ou encore les meurtres de populations chrétiennes commis par Daesh ont provoqué un raidissement des catholiques sur la question de l’islam. Puis dans un second temps, les catholiques ont progressivement pris conscience qu’ils étaient minoritaires dans leur propre pays. En face, une population musulmane cohabite désormais avec eux sur un territoire qui a de plus en plus de mal à revendiquer ses racines chrétiennes.

Le choc des images est important: on voit d’un côté des églises fréquentées par des personnes de plus en plus âgées, et qui ne sont plus remplies, tandis que de l’autre côté la population musulmane est plus jeune, et surtout, elle est confinée dans des salles de prière qui ne suffisent plus à contenir toute la communauté. Cette concurrence visible inquiète de plus en plus une partie des catholiques. Quand le Père Hamel meurt assassiné en juillet 2016, l’islam est désormais perçu non plus comme une religion concurrente mais comme une menace par une frange importante des chrétiens. Cette menace physique potentielle se rappelle régulièrement à eux: les catholiques peinent à accepter de devoir se rendre à la messe de Noël sous la vigilance de soldats en armes. Symboliquement, le message qu’ils ressentent est très fort.

(…) Le Figaro

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