Brigitte Tregouet : « Médecin auprès de réfugiés, j’ai compris que les migrants d’aujourd’hui sont les Français de demain » (HuffPost)

Avec eux, nous pouvons construire une France apaisée si nous le voulons. Renoncer à traiter les migrants comme des égaux, c’est suicider nos fondements.

J’ai rencontré les migrants en les soignant. J’en ai retiré une conviction centrale. Les migrants d’aujourd’hui sont les Français de demain. Avec eux, nous pouvons construire une France apaisée si nous le voulons. La France est un grand pays. Elle a montré au cours de l’histoire sa capacité à tisser un vivre ensemble ou la diversité est une richesse. En musique comme en cuisine la multiplication des saveurs est un régal. Les nems ne font pas concurrence au gratin dauphinois.[…]

C’est dans ce cadre que j’ai rencontré des demandeurs d’asile, parce qu’ils étaient eux aussi sans toit, bien que pour des raisons totalement différentes. Je n’y connaissais alors rien, mais j’ai cherché à apprendre. La rencontre avec ces personnes a été bouleversante: Caucasiens (Géorgiens, Arméniens, Russes du Daghestan, Tchétchènes, Azéris-arméniens…) mais aussi Somaliens, Biélorusses, Congolais etc.. J’ai tout appris d’eux. Leur langue, leur histoire et celle de leur pays, leur trajet, leurs espoirs, leurs douleurs. La profondeur des liens qui se sont tissés est difficile à expliquer, si ce n’est par le récit d’une histoire singulière.

Un homme de 35 ans vient me voir pour un mal de dos. C’est un Russe. Je l’ai connu alors qu’il était demandeur d’asile. Il n’était logé par le 115 que par intermittence et entre deux passages, il dormait dehors avec sa jeune épouse, ce qui était extrêmement anxiogène.[…]
Depuis il a été reconnu réfugié. Cela n’a pas été simple car il a fallu raconter en public, et donc revivre, les atrocités subies et l’humiliation qui va avec. Il a fallu qu’on le croie. Il a dû écouter ce qu’avait vécu sa femme. Il aurait peut-être préféré ne pas savoir. Il avait un bon avocat. Et puis il a trouvé du travail et des enfants sont nés. Alors j’ai pesé les bébés, je les ai vaccinés, je les ai admirés. C’était doux et c’était cicatrisant. La première est entrée en CP.

Et puis la troisième est née et il est donc venu me voir ce jour-là pour son mal de dos. Il a posé sur le bureau l’acte de naissance de sa petite fille de huit jours.[…]

Deux fois j’ai prêté serment. Le jour de ma thèse et lors de mon inscription à l’ordre. « Je donnerai mes soins à l’indigent et à quiconque me les demandera… Que les hommes et mes confrères m’accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses; que je sois déshonoré(e) et méprisé(e) si j’y manque.«  Renoncer à ce texte, c’est renoncer à 2500 ans de notre culture. Celle-là même qui nous empêche de basculer dans la barbarie.

En renonçant à traiter les migrants comme égaux en dignité, nous perdons collectivement notre âme. Nous suicidons nos fondements philosophiques.

HuffPost

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Asile: l’Assemblée vote l’extension de la « réunification familiale ». Les mineurs réfugiés pourront faire venir leurs « frères et sœurs », et non plus seulement leurs parents

L’Assemblée a adopté jeudi matin l’article du projet de loi « asile et immigration » qui étend la « réunification familiale » pour les mineurs reconnus réfugiés, très contesté par la droite et le FN, l’ensemble de l’opposition dénonçant aussi la tenue des débats.

Après une soirée électrique la veille, plusieurs élus ont appelé à la « sérénité ». Mais les tensions étaient encore latentes, des députés LR revenant à la charge sur un « plan caché de 40.000 régularisations » de sans-papiers.

« Il est beaucoup trop tôt pour s’énerver », a observé la vice-présidente de l’Assemblée Annie Genevard (LR) au perchoir.

Pour apaiser « les humeurs biliaires » côté LR, le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb a tenu à apporter un « élément de réponse » en soulignant que « le nombre de régularisations en 2016 avait augmenté de 3,3% et en 2017, elles ont baissé de 1,8% ».

L’article 3 (sur 40), adopté par 91 voix contre 22 (et 2 abstentions), avec les voix de la gauche et des UDI-Agir, prévoit que les mineurs reconnus réfugiés pourront faire venir leurs « frères et sœurs », et non plus seulement leurs parents. Il a déchaîné l’opposition de LR et du FN qui s’en sont pris aux « belles âmes » de la majorité et de la gauche.

www.nouvelobs.com

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Un amendement a été rejeté. Il proposait de refuser ou à mettre fin au statut de réfugié lorsque la personne en bénéficiant constitue une menace grave pour la sûreté de l’État ou d’un État membre de l’Union européenne

Solution 1 : Faire un don avec paypal ou carte bancaire


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Option A : paiement mensuel

Option B : paiement hedomadaire


Solution 3 : Faire un don par chèque

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Solution 4 : Faire un don en Bitcoin

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Loi Asile et Immigration : la députée LREM franco-tunisienne Sonia Krimi, une des chefs de file de la contestation

Ils sont une dizaine de députés LREM à menacer de ne pas voter le projet de loi de Gérard Collomb ce vendredi. La faute à un « manque d’humanité » envers les migrants. Parmi eux, Sonia Krimi, députée de la Manche, née à Tunis et naturalisée en 2012, qui a annoncé lundi sur France Inter qu’elle ne voterait pas pour le projet de loi «en l’état».

Issus des rangs socialistes et écologistes ou de la société civile, ils refusent catégoriquement d’être comparés aux parlementaires « frondeurs » du gouvernement Valls (2014-2017). Une subtilité sémantique qui n’empêche pas le patron du groupe LREM de monter au créneau. Richard Ferrand s’est dit prêt « à casser des oeufs s’il le faut». […]

Depuis le 19 décembre dernier, Sonia Krimi est le visage de ces tourments internes. «Les centres de rétention deviennent des centres de détention et sont indignes de notre République !», lâchait en pleine séance parlementaire la néophyte Sonia Krimi au patron de la Place Beauvau, Gérard Collomb. Après une thèse de science économique et une carrière d’enseignante en management puis de consultante, elle avait remporté en juin 2017 son siège de député face au candidat investi LREM, issu des camps juppéistes. Avant de rejoindre le groupe de la majorité, une fois élue. […]

Le Parisien

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Lyon : « Chaque fois que nous ouvrons des places supplémentaires, de nouveaux réfugiés arrivent »

Alors qu’a débuté l’examen du projet de loi sur le droit d’asile, reportage dans la ville du ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb sur l’antenne locale de Jesuit Refugee ­Service (JRS), organisation mondiale pour le soutien des migrants ­présente dans 40 villes en France – bientôt 11 de plus – et qui a mis au point le réseau ­Welcome, grâce auquel des familles françaises accueillent pour un temps limité – neuf mois, à raison d’un mois dans chaque famille – des demandeurs d’asile isolés.

[…] Comment faire face  ? « La pression est extrêmement forte, observe Stéphane Bouillon, le nouveau préfet du département et de la région, arrivé en octobre. Nous ne ­cessons d’ouvrir des places supplémentaires pour accueillir ces personnes, mais leur afflux est supérieur. » Les chiffres parlent d’eux-mêmes : «En cinq ans, précise le représentant de l’État, sur le Grand Lyon, les places d’accueil pour les demandeurs d’asile ont augmenté de 64 % et celles d’hébergement d’urgence de 77 %. Nous avons ouvert près de 16 000 places en CHRS, en hôtels et en foyers – il y en avait moins de 10 000 en 2012.» […]

« Ce chiffre a augmenté de 26 % par rapport à 2016, qui lui-même avait déjà progressé de 41 % par rapport à 2015, et depuis le début de cette année il a déjà crû de 16 %, souligne le préfet. Toutes nos places sont occupées à 100 % ; pour l’instant, nous avons du mal à maîtriser les flux. Chaque fois que nous ouvrons des places supplémentaires, de nouveaux réfugiés arrivent.  » Ce sont en majorité des Albanais (qui représentaient 35 % des demandeurs d’asile en 2017 dans le Grand Lyon), puis des Congolais, des Kosovars et des Nigérians. « Très peu de Syriens, d’Afghans et d’Irakiens sont venus par ici », souligne Stéphane Bouillon. Et le représentant de l’État de préciser : «  Nous ne sommes pas dans une invasion agressive.  » […]

Le Point

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La Guyane, laboratoire d’une méthode pour limiter le droit d’asile

Un décret que « Le Monde » s’est procuré s’attaque à la demande d’asile haïtienne et pourra « être généralisé » à d’autres territoires.

Décret portant expérimentation de certaines modalités de traitement des demandes d’asile en Guyane by Le Monde on Scribd

Une machine de guerre contre le droit d’asile… Sous ses airs de texte juste pensé pour un territoire à 7 000 km de Paris, le « décret Guyane » – de son vrai nom « décret portant expérimentation de certaines modalités de traitement des demandes d’asile en Guyane » – menace potentiellement l’accès au statut de réfugié partout en France.

Pas encore publiques, ces trois pages que Le Monde s’est procurées devraient être validées mardi 17 avril par le Conseil d’Etat. Dans un premier temps, elles visent à réduire le nombre de demandeurs d’asile haïtiens en Guyane en resserrant de façon draconienne les délais de dépôt et de traitement des dossiers à Cayenne. Une fois que la formule aura fait ses preuves sur ces terres lointaines, elle pourra ensuite s’imposer à toute demande d’asile déposée ailleurs sur le territoire français.

La notice qui accompagne ce texte estampillé République française rappelle que « les impacts du présent décret seront évalués en vue de mesurer l’opportunité de mettre en place des dispositions similaires sur d’autres territoires ». Et comme si l’argument ne suffisait pas, il est rappelé dans les articles 2 et 3 que cette expérimentation prévue pour dix-huit mois peut être arrêtée ou prorogée d’un an avant que ne soit décidée « une éventuelle généralisation de l’expérimentation ».(…)

Le décret a été concocté par le ministère de l’intérieur pour réduire la demande haïtienne et rationaliser la dépense publique. Avec 6 430 dossiers déposés en 2017, Haïti est le troisième pays demandeur d’asile. Et même si seules 3,2 % des requêtes aboutissent à l’octroi d’un statut de réfugié, la Convention de Genève impose que chaque demande soit étudiée avec le plus grand sérieux.

Présenté en comité technique à l’Ofpra, ce texte a reçu un avis négatif des trois syndicats. Son contenu suscite une inquiétude telle que la raison principale de la grève du 21 février – premier arrêt de travail depuis cinq ans – ne portait pas sur la loi Collomb, mais bien sur la rupture d’égalité de traitement entre la Guyane et le reste du territoire et la lourde menace que fait peser ce texte sur l’asile demain. Comme le résume un officier de protection, « ce décret, c’est le temps 2 de la loi Collomb. L’esprit est le même. Juste poussé à son paroxysme ».

https://www.scribd.com/document/376479390/Decret-portant-experimentation-de-certaines-modalites-de-traitement-des-demandes-d-asile-en-Guyane#from_embed

Le Monde

Merci à valdorf

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Éric Zemmour : « Il n’y a ni droit d’asile ni migrant économique ; il n’y a qu’une invasion des peuples du sud vers le nord qui utilise tous les canaux possibles »

CHRONIQUE – Un sociologue est devenu juré à la Cour nationale du droit d’asile. Il raconte et témoigne.

(…) Dans les vingt années qui ont suivi la signature de la convention de Genève sur le droit d’asile, en 1951, la France a reçu trois cents demandes d’asile par an. Qu’elle acceptait pratiquement toutes. Il s’agissait soit de Sud-Américains fuyant des dictatures militaires, soit d’Européens de l’Est échappant à la tyrannie communiste. Des militants de gauche et des anticommunistes. «De race blanche, de religion chrétienne et de culture gréco-romaine», pour parodier la célèbre formule du général de Gaulle sur le peuple français. Tout change à partir des années 1970. En qualité et en quantité. Les demandes explosent ; on passe à 20.000 à la fin des années 1970, à 60.000 dans les années 1990. En 2016, le chiffre a dépassé le plafond des 100.000! Ils viennent désormais d’Afrique et du Moyen-Orient ; aux familles d’autrefois a succédé un flot dominant d’hommes seuls, pour la plupart musulmans.

(…) Ce ne sont pas des individus qui leur (nous) demandent l’asile, ce sont des peuples entiers. Ils ne nous demandent rien d’ailleurs, ils exigent. Ils ont le langage des victimes parce qu’aujourd’hui le langage de la victime est devenu celui du maître. Notre sociologue se moque avec raison de la tentative des politiques de distinguer entre vrai droit d’asile et migrant économique. Il n’y a ni droit d’asile ni migrant économique ; il n’y a qu’une invasion des peuples du sud vers le nord qui utilise tous les canaux possibles. Smaïn Laacher reconnaît lui-même que ces demandeurs d’asile «ne sont pas arrivés dans leur nouveau pays mais dans un nouveau pays». N’importe lequel.

Les immigrés d’aujourd’hui ne rejoignent plus un pays mais une diaspora ; ils ne veulent plus vivre comme et avec le peuple qu’ils rejoignent mais avec et comme celui qu’ils ont quitté. Ceux qui sont déjà installés – et l’attitude de notre sociologue le prouve à son corps défendant – ne leur ferment plus la porte, de peur qu’ils ne remettent en cause le fragile équilibre de leur propre assimilation – comme le faisaient volontiers leurs lointains prédécesseurs – mais leur ouvrent la porte à deux battants pour qu’ils viennent renforcer la puissance de leur communauté au sein d’une société multiculturelle qui n’a plus de France que le nom.

(…) Smaïn Laacher ne connaît que des individus étrangers menacés qu’il faut protéger ; mais son empathie ne s’étend pas au peuple français, qui aurait pourtant besoin plus que tout autre d’être protégé. Son rêve est de faire de l’Europe une nouvelle Amérique ; mais il ne nous dit pas quels seront les Indiens de ce projet grandiose.

Suivant le discours habituel, notre auteur prétend que notre régime de droit d’asile, que le reste du monde se garde bien d’adopter, est la grandeur des démocraties occidentales. C’est en vérité une plaie béante. Lorsque les conquistadors de Cortés débarquèrent sur leurs superbes chevaux, les Aztèques crurent voir s’accomplir une de leurs légendes prophétisant que leur sauveur arriverait par la mer sur une monture céleste. Cette légende empêcha les Aztèques de se défendre contre leurs envahisseurs. Ils furent vaincus et colonisés. Notre droit d’asile, et plus généralement notre religion des droits de l’homme, c’est notre légende des Aztèques.

Le Figaro

Merci à valdorf

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Gérard Collomb : « Des régions se déconstruisent car elles sont submergées par des flux de demandeurs d’asile »

[…] Lors de son audition inaugurale au débat sur le projet de loi asile-immigration, dans la soirée du mardi 3 avril à l’Assemblée nationale, Gérard Collomb a mis en garde ceux qui critiquent la trop grande fermeté de ce texte. « Ce sujet parce qu’il n’avait pas été maîtrisé, a vu dans un certain nombre de pays déferler la vague des populismes et remettre en cause le droit d’asile », a prévenu le ministre de l’intérieur devant la commission des lois.

Un message qui s’adressait autant à ceux qui, dans les partis de gauche, ont dénoncé ce projet de loi, qu’aux députés de La République en marche (LRM). Les échanges en coulisses avec les élus de la majorité ont en effet été houleux lors des négociations sur ce texte. Une partie des députés macronistes se sont montrés très hostiles, et ils défendront des amendements pour en limiter la portée.

M. Collomb a décliné, devant les députés, les raisons de sa détermination. Selon lui, certaines régions françaises « sont en train de se déconstruire parce qu’elles sont submergées par des flux de demandeurs d’asile ». « Si nous restons sans réaction ce sont quelques centaines de milliers de personnes qu’il nous faudrait accueillir chaque année en France », a-t-il défendu avant d’ajouter : « Peut-on penser que nous pourrions construire chaque année une ville de taille moyenne pour accueillir ces réfugiés ? »

« Si nous ne le faisons pas où iront-ils ? S’installer dans des quartiers paupérisés où ils iront ajouter de la misère à la misère », a encore prédit le ministre avant de poursuivre : « Si on a des populations totalement marginalisées (…) alors il ne faudra pas s’étonner que se passent demain dans notre pays un certain nombre de dérives. » […]

Le Monde

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Un clandestin algérien : «Est-ce normal que je sois dans ce centre de rétention alors que je vis en France depuis dix ans ?»

Au centre de rétention administrative de Vincennes, sur 4085 personnes, près d’une sur deux sera remise dans un avion vers son pays d’origine. La télé allumée tente d’habiller la grande salle commune. Mais personne ne la regarde ni ne l’entend vraiment. Ici, chacun vit dans son petit monde avec sa galère. «Vous trouvez normal que […]

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Aurélien Taché (LREM) : « Il y a un droit d’asile, qui est sacré, qui est un impératif démocratique. L’asile ne se discute pas, ne se quantifie pas »

A 33 ans, Aurélien Taché a connu un parcours express. Issu du PS, l’ancien apprenti plombier à la scolarité agitée est devenu l’une des figures du « renouveau politique » arrivées aux responsabilités dans le sillage d’Emmanuel Macron. Il est aujourd’hui député du Val d’Oise, après être passé ces dernières années par le PS et le cabinet […]

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