Francis Fukuyama : « Le monde ouvert et démocratique est sous pression »

Il y a seize ans, Francis Fukuyama annonçait la « fin de l’histoire », c’est-à-dire le triomphe de la démocratie libérale et de l’économie de marché. Aujourd’hui, il nuance fortement cette analyse.

La démocratie libérale s’est construite au cours de tout un processus historique en s’appuyant sur les Lumières européennes. Elle est souvent présentée comme le meilleur, ou le moins pire, des systèmes politiques possibles. Croyez-vous que ce mouvement soit universel ?

La démocratie libérale n’a jamais été une valeur universelle. En Occident, elle est réellement apparue il y a deux siècles comme un moment historique. Si elle tend à l’universel, c’est du fait qu’elle devient de plus en plus désirée quand les sociétés se modernisent et s’enrichissent, et que leurs citoyens recherchent de hauts niveaux de bien-être économique et de liberté individuelle.

Pour aller vite, l’organisation politique de notre monde a évolué à travers un certain nombre d’étapes historiques, passant de sociétés s’organisant en bandes, puis en tribus, puis constituant des Etats, puis des Etats prédateurs, et enfin des Etats de droit, contraints par la loi et la responsabilité démocratique. La vie économique elle aussi a beaucoup changé: nous sommes passés des chasseurs-cueilleurs à l’agriculture de subsistance, puis à des activités d’artisanat et de commerce, enfin à la naissance et à l’extension du monde industriel.

Les études montrent que, arrivées à un niveau élevé de prospérité et d’éducation, les populations valorisent d’habitude des gouvernements élus et responsables devant leurs citoyens. Cette tendance historique, que j’ai décrite dans La Fin de l’histoire et le dernier homme, reste vraie aujourd’hui dans beaucoup de pays, même si nous assistons à l’heure actuelle à la « récession démocratique » dont nous parlions. […]

Le Monde

Merci à Valdorf

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Brexit/avortement en Irlande : « Fiasco d’un côté, leçon de démocratie de l’autre » (Le Monde)

Le Monde fait une analyse de deux référendums récents et fait la distinction entre les bons (sur l’avortement en Irlande) et les mauvais (sur le Brexit).

Fiasco d’un côté, leçon de démocratie de l’autre. Entre le référendum britannique sur le Brexit de juin 2016 et celui sur le droit à l’avortement qui vient d’avoir lieu en Irlande, le contraste est saisissant. Tandis que le vote britannique sur la sortie de l’Union européenne (UE) n’en finit pas de produire ses effets délétères, fracturant en deux la société, phagocytant le débat politique et précipitant le pays dans l’impasse, le référendum irlandais sur l’IVG révèle à lui-même et au monde un pays ouvert et moderne, capable de dépasser pacifiquement son passé de secrets glauques, de souffrances honteuses et de soumission aux abus de l’Eglise catholique. [|…]

Tout, dans le processus qui a conduit 66,4 % des Irlandais à voter en faveur de l’abrogation du 8e amendement de la Constitution, qui interdisait l’IVG depuis 1983, diffère de la manière bâclée et inconsidérée dont Londres a géré le référendum sur le Brexit. Là où des décennies de propagande chauvine et antieuropéenne des tabloïds avaient conditionné l’opinion britannique, les Irlandais se sont offert un processus exemplaire de mise au jour et de décantation d’un malaise qui rongeait leur société depuis des lustres. [|…]

Le Monde

Merci à Bloody Five

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Maxime Tandonnet : «Une alliance entre la droite et la majorité aux municipales serait suicidaire»

Ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, Maxime Tandonnet met en garde Les Républicains contre la tentation de s’allier localement pour les municipales à des candidats d’En Marche. Une telle compromission alimenterait selon lui la méfiance des Français envers la politique.

Cette démarche n’a rien de surprenant dans la politique moderne. Elle reflète la disparition du débat d’idées et de projets, au profit d’une vision de la politique dominée par l’obsession narcissique: brouiller les pistes en 2020 pour préparer au mieux les présidentielles deux ans plus tard. Une partie des troupes de LR devrait être tentée de répondre à cette main tendue qui aurait l’avantage de garantir la préservation ou la prise de nombreuses mairies dans le cadre d’une sorte de Yalta électoral: à nous l’Elysée et le Palais Bourbon, à vous les mairies et le Sénat.

Pourtant, au-delà des avantages apparents et immédiats qu’elle offre, cette formule serait suicidaire pour LR et dramatique pour la France. Tout d’abord, les Français ont horreur des arrangements politiciens. Une telle manœuvre serait ressentie comme attentatoire à la démocratie. […]

news.yahoo

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Une étude internationale montre que les centristes sont les citoyens les plus hostiles à la démocratie, pas les « extrémistes »

Les signaux d’alerte sont au rouge : la démocratie est menacée. En Europe et en Amérique du Nord, les candidats sont davantage autoritaires, les systèmes de partis sont plus instables, et les citoyens sont plus hostiles envers les normes et les institutions de la démocratie libérale.

Ces tendances ont déclenché un débat important entre ceux qui pensent que le mécontentement politique trouve ses origines au niveau économique, culturel ou générationnel. Mais toutes ces explications partagent une croyance principale : la menace vient des bords extrêmes de l’échiquier politique.

A droite, les ethno-nationalistes et les libertariens sont accusés de soutenir des politiques fascistes ; à gauche, les radicaux des campus universitaires et le mouvement prétendument antifa sont accusés de trahir les principes libéraux. Au milieu, la croyance est que les opinions radicales vont main dans la main avec le soutien de l’autoritarisme, alors que la modération suggère une approche plus engagée du processus démocratique.

Tout cela est-il vrai ?

Peut-être pas. Mes recherches suggèrent qu’en Europe et en Amérique du Nord, les centristes sont ceux qui soutiennent le moins la démocratie, sont les moins engagés dans ses institutions et sont ceux qui soutiennent le plus l’autoritarisme.

(…)

– Les centristes sont les plus sceptiques au sujet de la démocratie

– Les centristes sont les moins susceptibles de soutenir des élections libres et justes

– Les centristes sont les moins susceptibles de soutenir des institutions libérales

(…)

Qu’est-ce que cela signifie ?

En Europe et en Amérique du Nord, le soutien de la démocratie est en déclin. Pour expliquer cette tendance, la sagesse conventionnelle pointe en direction des extrêmes politiques. Selon ce point de vue, les extrêmes, droite et gauche, sont prêtes à rouler sur les institutions démocratiques pour parvenir à des changements radicaux. Les modérés, par contre, sont supposés défendre la démocratie libérale, ses principes et ses institutions.

Les chiffres montrent que ce n’est pas le cas. Alors que les démocraties occidentales deviennent dysfonctionnelles, aucun groupe n’est à l’abri d’être séduit par l’autoritarisme – et en particulier les centristes, qui semblent préférer un gouvernement fort et efficace plutôt que des politiques démocratiques désordonnées.

NY Times

Merci à Cauchemar

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Notre-Dame-des-Landes (44) : un zadiste dépité par la «lutte des classes» au sein de la communauté

Le jeune Yohan livre un témoignage critique de la vie en collectivité sur la ZAD à Notre-Dame-des-Landes.

Même s’il veut rester sur place, Yohan*, sous couvert d’anonymat, livre un témoignage quelque peu désabusé de sa vie sur la ZAD. Venu avec l’espoir de goûter à une vie en collectivité, libérée de toutes les contraintes de notre société, il y retrouve finalement dit-il, «ce qu’il voulait fuir». Le pouvoir hiérarchique et même l’émergence de classes sociales existent, selon lui, au cœur de cette communauté de 300 âmes qui brandit pourtant l’égalité pour tous. […]

Il n’hésite pas à décrire une communauté hiérarchisée qui s’est figée dans des quartiers bien distincts. « Les bobos intellos sont au cœur de la ZAD, les riches au sud-ouest, les diplômés qui ont le pouvoir sont à l’ouest dans le secteur de Bellevue », dit-il. Il ironise : « Et c’est donc le quartier des plus démunis qui a été le premier rayé de la carte. Finalement, la lutte des classes existe aussi ici. » […]

«Pour prendre la moindre décision, il y a des réunions à répétition. Il y a l’assemblée des usages, le conseil pour le maintien des occupations et c’est en réalité une poignée qui décide à chaque fois. Le pouvoir n’est pas horizontal mais vertical» dit-il. […] « Du coup, les règles ne sont pas les mêmes pour tous », assure encore Yohan en rappelant un événement qui a fait le tour de la ZAD. Fin mars dernier, l’un des occupants illégaux a été exfiltré sans ménagement des bocages. Roué de coups, ligoté et placé dans un coffre, ce dernier a été abandonné quelques kilomètres plus loin devant les portes d’un hôpital d’une ville voisine.

Même si les zadistes ont toujours éludé les questions relatives à cet épisode, Yohan relaie ce qui s’en dit.« Contre l’avis qui avait été pris, celui qui a été violenté avait détérioré la route des Chicanes, la fameuse RD 281 qui avait été remise en état. Alors certains lui sont tombés dessus », dit-il en poursuivant : « ceux qui l’ont viré sont les mêmes qui aujourd’hui font des trous ailleurs sur les routes, en prévision d’une éventuelle deuxième opération d’expulsion, pour empêcher les blindés de passer. »

[…] La première série d’expulsions, sur-venue en avril dernier, lui a, dit-il, fait perdre quelques illusions. Son habitation de fortune avait alors volé en éclats sous les coups des pelleteuses qui, encadrées par les gendarmes mobiles, avaient « nettoyé » la partie sud-est de la ZAD. « C’était le coin des petites gens, dit-il. Ces derniers étaient installés le long de la route des Chicanes, dans une forêt, dite la zone non motorisée. Dans ce bois, il y avait les plus fragiles, les laissés-pour-compte de la société et aussi des gens qui ne sont pas bien dans leur tête car il y a pas mal de dinguerie sur la ZAD. » […]

Le Figaro

Merci à Pierrick

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Députés salauds :pas d’expulsion des criminels étrangers en France, referenda interdits aux Pays-Bas

Les députés LREM ont refusé de voter l’amendement qui prévoyait l’expulsion des délinquants étrangers :

.@valerieboyer13 veut rendre automatique l’expulsion d’une personne étrangère « condamnée en dernier ressort soit pour un crime, soit pour un délit constituant un acte de terrorisme ».
Amendement rejeté.
>> https://t.co/uBxO55Qo0Q #LoiAsileImmigration #DirectAN pic.twitter.com/jIp11cNRma

— LCP (@LCP) 6 avril 2018

Plus fort qu’Adolf…
Comme les gens votent mal, supprimons le vote !! Les Pays-Bas suppriment le référendum…
Le problème, c’est qu’en demandant aux peuples leur avis, ils pourraient avoir l’outrecuidance de ne pas être d’accord avec la façon dont certaines élites au pouvoir ont décidé de les ruiner et de les mener vers la misère.

Les députés néerlandais ont adopté par 76 voix contre 69, jeudi, un projet de loi qui prévoit la suppression du référendum consultatif. Jusqu’à maintenant, lorsqu’une pétition avait récolté plus de 300 000 signatures, le gouvernement se voyait contraint d’organiser un scrutin. Un référendum de ce type sur le pouvoir des services de renseignements est prévu le 21 mars. Ce pourrait bien être le dernier.
https://www.ouest-france.fr/europe/pays-bas/les-pays-bas-suppriment-le-referendum-5592281

Le peuple gêne, supprimons-le !

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Eric Zemmour : la révolte des peuples occidentaux menace l’Europe de Bruxelles

Zemmour est ici encore plus brillant que d’habitude : « Les peuples de l’ouest sont d’accord avec les dirigeants de l’est… La réconciliation européenne, elle est là. Sauf qu’elle se fait sur le dos des dirigeants de l’ouest et des dirigeants de l’Union européenne ». « Prenons l’exemple de l’Italie : elle a été empêchée par la jurisprudence […]

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Comment la démocratie française s’est retrouvée otage de ses élites

Pour le politologue Luc Rouban, nous payons la fin du compromis gaullien qui articulait l’élitisme de la haute fonction publique à une forme de populisme à travers l’usage régulier de référendums. Dans votre livre « La démocratie représentative est-elle en crise? » (Ed. La documentation française), vous dressez le portrait d’un fonctionnement démocratique qui « tourne à vide » […]

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