Les racines de l’Occident – Deuxième partie

Article de Points de Repères à partir de…
Why the West is Best – A Muslim Apostate’s Defense of Liberal Democracy
Encounter Books, New York, 2011, 286 p.
Par Ibn Warraq (ancien musulman, auteur de plusieurs ouvrages, spécialiste de l’Islam)

Quatrième d’une série d’articles à partir de l’excellent ouvrage d’Ibn Warraq intitulé « Why the West is Best ».

Les racines de l’Occident – Deuxième partie

Rome, JérusalemLa loi romaine

Le droit privé

Alors que les Grecs créèrent la notion d’État de droit (rule of law), les Romains pour leur part mirent en place un système complexe de droit privé (private law) qui devint la base des codes civils modernes :

  • Le pouvoir judiciaire romain établit une structure légale ouverte à l’innovation.
  • La loi romaine définit également la notion de propriété privée.

La sphère du privé fut clairement délimitée de la sphère publique, encourageant par le fait même un nouveau sens de la personne qui a sa destinée, sa personnalité et sa vie intime propres.

L’autonomie de la personne

En reconnaissant la sphère du privé, la loi romaine contribua, à sa manière, à établir les bases de l’humanisme moderne.

Selon F. A. Hayek, dans la culture humaniste, l’autonomie de la personne n’est pas sacrifiée au nom de l’identité du groupe.

Jérusalem  – L’éthique de la Bible

La libération de l’esclavage en Égypte

À la suite de leur expérience d’esclavage en Égypte, les Hébreux demeurèrent à jamais hostiles à l’autocratie.

Ils démontrèrent notamment un sens de la propriété que les souverains ne devaient pas enfreindre (1 Sam 12,3).

Le prophétisme biblique au service de la justice

La Bible fournit notamment aux chrétiens du Moyen-Âge des arguments pour faire contrepoids à la prétention des rois qui pourraient s’opposer à la propriété privée ou abuser de leur pouvoir.

L’Église pouvait affirmer que Dieu était souverain et ultime propriétaire de tout, et que par conséquent, les chefs d’État n’étaient pas libres d’agir comme bon leur semble en se retournant contre les intérêts du peuple.

Les prophètes dans la Bible osaient réprimander au besoin le puissant et se porter à la défense de l’humble et du petit.

La notion d’égalité devint une valeur fondamentale en Occident.

La valeur du travail humain

Plusieurs passages bibliques honorent le travail manuel.

Martin Luther insista notamment sur la valeur et le mérite du travail.

La Bible enseigne que la nature est subordonnée à l’être humain, en contraste à certaines croyances animistes qui accordaient des propriétés divines aux arbres, forêt, fleuve, etc.

Temps linéaire, progrès et responsabilité morale

La Bible fournit une notion du linéaire du temps (plutôt que cyclique), permettant ainsi l’élaboration de la notion de progrès.

Le temps linéaire sous-tend la responsabilité morale. La possibilité de changement dans le temps nous libère du fatalisme. Il est possible de soulager la souffrance humaine. Il est possible d’améliorer les conditions de vie humaine.

Compassion, miséricorde et sens des autres

L’éthique judéo-chrétienne introduit les notions de compassion et de miséricorde (= cœur sensible à la misère) de pair avec la croyance que le mal n’est pas le fruit d’un destin implacable. Le mal est à combattre.

Le Sermon sur la Montagne (Matthieu 5-7) exhorte toute personne à être responsable de l’humanité, à alléger les souffrances humaines.

L’amour chrétien demande de « marcher le mille supplémentaire » pour notre prochain et à combattre le mal sous toutes ses formes.

Bref, notre « métier » d’être humain est inséparable de notre responsabilité à l’égard des autres.

L’action bonne est valorisée

Au 11e siècle, Saint-Anselme révolutionna la valeur de chaque action humaine. Chaque action humaine étant comptée, selon la théologie de Saint-Anselme, dans le bilan de fin de vie de tout être humain.

Même la doctrine du purgatoire encouragea les bonnes actions : il n’est jamais trop tard pour se mettre à la tâche, pour commencer à faire le bien.

Toutes les bonnes actions ont la faveur de Dieu : il saura les reconnaître en son temps.

L’humanité de Jésus de Nazareth

Au même moment, l’art occidental commença à représenter Jésus de Nazareth de manière à mettre l’accent sur sa souffrance et son humanité. Ce modèle proposé à l’Occident avait notamment pour effet de valoriser l’action humaine et l’altruisme.

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Raid de Al Kharrar

Source : Documents sur les origines de l’islam

Une fois de plus, c’est l’échec d’une interception de caravane, avec un tout petit commando; peu à peu, le moral des premiers musulmans s’affaisse: les richesses promises ne sont pas au rendez-vous. Sur un plan stratégique, la première phase d’action musulmane est un échec patent. Il faut cesser d’agir en arabes et se mettre à agir en musulman, et le tournant va s’avérer sanguinaire.

On passe alors à des mesures plus énergiques, et l’on s’apprête à tuer.

La date de dhu qada de l’an I doit correspondre à décembre 623.*

(Tabari, Histoire des prophètes et des rois III 127).

Lorsque Ubayda revint, au mois de dhul qada, le prophète fit partir Sad ibn Abu Waqqas, en lui remettant l’étendard blanc, à la tête de vingt piétons des muhajirun. L’étendard fut porté par Miqdad, fils d’Amir. Le prophète dit à Sad :

-Dirige-toi vers un endroit nommé Kharrar, où doit passer une caravane quraysh ; peut-être pourras-tu l’enlever. Si vous ne la rencontrez pas et que vous ne puissiez pas l’enlever, n’allez pas plus loin, mais revenez.

Quand Sad y arriva, la caravane était déjà passée depuis deux jours. Il ne poursuivit pas sa course, conformément aux ordres du prophète, et s’en retourna.

(ibn Hisham, Conduite de l’envoyé d’Allah 422).

Pendant ce temps, l’envoyé avait envoyé Sad ibn Abu Waqqas avec huit hommes des muhajirun. Il alla jusqu’à al Kharrar dans le Hedjaz. Il rentra sans avoir combattu.

(ibn Sad, Tabaqat II 4).

Une bannière blanche fut préparée pour lui. Al Miqdad l’arbora. (Le prophète) l’envoya avec 20 muhajirun pour intercepter la caravane des Quraysh, qui devait passer par cette route. Il leur donna instruction de ne pas dépasser al Kharrar. (…)

Sad a dit:

-Nous ne reposions le jour, et nous marchions de nuit, et nous avons avancé jusqu’au cinquième matin, pour voir que la caravane était déjà passée, la veille au soir. Nous sommes rentrés à Médine.

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* J.M.B. Jones, “The Chronology of the Maghazi- A textual survey”, Bulletin of the School of Oriental and African Studies 1957 n°3.

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Questions de l’UDCC envoyées à la mairie de Paris

  Questions concernant l’ICI Financement 1)    Quel est le montant dépensé par la Mairie de Paris pour les appels d’offre pour les architectes sur le projet de  l’ICI ? 2)    Quel est le montant dépensé par la Mairie de Paris depuis des années (en temps de travail des personnels) pour l’élaboration de l’ICI ? 3)   …

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Camp d’hiver identitaire dans le Vercors : « Emoi à Villard-de-Lans » pour France 3

Emoi à Villard-de-Lans : le groupe identitaire lyonnais « Reybene » se rassemble en terre de résistance On s’inquiète dans le Vercors. Un camp d’hiver organisé es 27, 28 et 29 janvier à Villard-de-Lans par les jeunes identitaires lyonnais du groupe « Reybene » provoque des réactions très vives. Un tract anti-fasciste a été distribué chez les commerçants. La […]

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Avis aux commentateurs haineux de tous bords

Bonjour chers visiteurs,

Je n’ai pas répondu présent dernièrement en raison de problèmes personnels, d’occupations chronophages et par manque de motivation.

Plusieurs commentaires ont été postés durant mon absence et je suis choqué de devoir constater la tournure qu’ont prise les « débats »; règlements de compte verbaux. Le véritable but de cette publication est de vous informer que je vais procéder à l’élimination de plusieurs commentaires haineux ou rédigés à des fins de moqueries n’ayant pas le moindre but constructif (les auteurs des Heil Hitler et autres singeries provocatrices se reconnaîtront).

Il m’a semblé préférable de vous l’annoncer via une publication clairement visible par tous car supprimer un grand nombre de commentaires en expliquant à chaque fois la raison de la suppression représenterait une tâche pénible. Je profite de cette occasion pour lancer un appel visant une réforme des comportements; je m’adresse paticulièrement à ceux qui comme moi luttent contre l’islam et ses effets néfastes : pensez-vous convaincre qui que ce soit en adoptant une attitude que vous réprouvez ? A quoi bon, par exemple, dénoncer la volonté islamique de conquerir par l’épée si vous en arrivez-vous même à appeler à l’extermination des adeptes de l’islam ?

J’espère un retour au calme très rapide, qui, avouons-le, est seul à garantir une certaine crédibilité auprès de vos antagonistes respectifs et une certaine considération de leur part.

Cordialement,

Déiste Agnostique

rss directory @2013

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Les racines de l’Occident – Première partie

Article de Points de Repères à partir de…
Why the West is Best – A Muslim Apostate’s Defense of Liberal Democracy
Encounter Books, New York, 2011, 286 p.
Par Ibn Warraq (ancien musulman, auteur de plusieurs ouvrages, spécialiste de l’Islam)

Troisième d’une série d’articles à partir de l’excellent ouvrage d’Ibn Warraq intitulé « Why the West is Best ».

Tout est dans la culture

Pourquoi l’Occident a-t-il connu tant de succès alors que dans plusieurs autres régions du globe, les citoyens manquent de nourriture, d’abri, de sécurité ou de droits fondamentaux?

Comme le disait David Landes, « s’il y a quelque chose que nous apprend l’histoire du développement économique, c’est que c’est précisément la culture qui fait toute la différence. »

Et comme le disait Max Weber dans son « Éthique protestante et l’esprit du capitalisme », les succès économiques et technologiques de l’Occident s’amorcèrent grâce à la culture, où certains principes furent incorporés dans les institutions-clés.

Les origines de la culture occidentale

Athènes, Rome, Jérusalem, Moyen-Âge, LumièresLes lumières

Les racines de l’Occident moderne sont souvent perçues comme remontant aux Lumières des 17e et 18e siècles.

Cependant, il ne faut pas oublier que les Lumières pour leur part puisent à même de riches cultures qui les ont précédées, cultures qui peuvent se résumer par trois cités : Athènes, Rome et Jérusalem.

Athènes

Les Grecs léguèrent les notions de cité et de citoyenneté, les idéaux de démocratie et de liberté, un statut particulier donné à la raison, l’esprit de recherche scientifique, la philosophie et l’histoire.

Rome

Les Romains pour leur part systématisèrent la loi, définirent la propriété privée et mirent l’accent sur la responsabilité individuelle.

Jérusalem

Le judéo-christianisme apporta à l’Occident l’appel à la conscience individuelle et à la charité, un sens de la justice tempéré par la miséricorde ainsi qu’une conception du temps linéaire qui est à la base de la notion de progrès.

De la synthèse du Moyen-Âge aux Lumières

Le Moyen-Âge apporta une synthèse plus approfondie entre Athènes, Rome et Jérusalem, établissant ainsi les fondations en vue de la révolution scientifique, la révolution industrielle, les Lumières et le pluralisme typique d’une démocratie libérale.

Voyons maintenant de plus près l’héritage des Grecs.

L’héritage des Grecs

Politique, citoyenneté et sécularisation

L’agora (place publique) représente une nouvelle manière de faire de la politique dans la Grèce antique. C’est l’endroit où les citoyens se rassemblent et participent directement à la vie politique de la cité.

La notion de citoyenneté est une réalisation grecque.

Les citoyens sont égaux devant la loi, égaux en dignité en vertu de leurs facultés rationnelles.

Dans l’agora, les citoyens entendent différents points de vue et soumettent leurs idées à l’examen des autres citoyens.

De cette pratique naquirent l’art de discourir (rhétorique) ainsi que l’art de l’argumentation rationnelle (dialectique).

La discussion des affaires publiques dans l’agora représente de facto une sécularisation de l’État, une séparation du politique et du religieux qui deviendra une particularité de l’Occident.

Loi et démocratie

Pour les Grecs, la loi est publique, impersonnelle et non sujette aux caprices de l’être humain.

Chaque citoyen est responsable devant l’autorité de la loi. La loi pour sa part est impartiale : elle s’applique à tous.

Cependant, bien que la loi des cités soit impersonnelle et impartiale, en tant que création humaine, la loi est sujette à la critique et à la réforme.

Loi humaine, loi naturelle et recherche scientifique

La loi humaine fait partie de l’ordre conventionnel (nomos) alors que la loi naturelle (physis) se découvre en explorant la nature.

La distinction entre nomos et physis dans la Grèce antique est la base de la recherche scientifique.

Le désir de comprendre le monde de la nature et l’observation des phénomènes amène le chercheur à énoncer des lois de la nature.

Philosophie de l’homme

La science grecque est le fruit d’une grande curiosité et se fonde sur la conviction que l’être humain est doué de raison : il peut donc comprendre de plus en plus le monde qui l’entoure.

De plus, la possibilité chez l’être humain de connaître le monde et ses richesses, est une quête qui donne sens et valeur à son existence.

Comme le dit Bruce Thomson, « les Grecs voient dans le désir de connaître l’essence de l’humanité. »

Comme le dit Aristote, « tout être humain désire connaître ». Le désir et la capacité toute particulière de connaître chez l’être humain, le distinguent notamment d’autres êtres vivants.

Esprit de recherche, raison et esprit critique

Les Grecs léguèrent à l’Occident une tradition où la raison et l’esprit critique ont leurs lettres de noblesse,

De fait, les Grecs surpassèrent les autres civilisations contemporaines dans l’étude de la nature.

Les résultats de leurs recherches se retrouvent dans des domaines aussi variés que les mathématiques, l’astronomie, la physique, la médecine, la physiologie, la zoologie et la biologie.

Potentiel humain, éducation et vie citoyenne

La quête de la connaissance et des arts est centrale dans l’idéal grec de perfection humaine : il importe que l’être humain développe son potentiel et mette à contribution l’ensemble de ses facultés. En bref, l’être humain est appelé à agir selon sa nature propre.

Les Grecs établirent un système indépendant d’institutions au service de l’instruction et de l’éducation :

  • Écoles primaires (lecture, écriture et arithmétique)
  • Écoles secondaires (grammaire, littérature et pensée critique)
  • Institutions de haut savoir (philosophie, rhétorique et médecine)

Une riche éducation était considérée comme étant un incontournable pour une vie citoyenne active et une vie libre.

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